Moi, c'est "au clair de lune" de Dean Koontz
Quelques passages:
Dylan O'Conner, Américain de 29 ans, gagne sa vie et supporte son frère autiste, Sheperd, en vendant ses toiles. Il y peint le monde tel qu'il le voit, plus lumineux et plus vivable : « un monde si vaste, si riche, qu'il est impossible d'en faire le tour. Le gardien d'une vérité élémentaire qui, si l'on pouvait l'appréhender à la fois avec le cœur et la raison, vous permettrait de dompter les océans les plus furieux, à force d'espoir. Du miracle de la vie chaque jour renouvelé, dont je n'aurais ni le talent ni le temps, en une seule existence, de capter la beauté (p.97) ».
Depuis le 'suicide' de son père et le meurtre de sa mère dix ans auparavant, Dylan refuse catégoriquement le placement de son cadet en 'institution de bienfaisance', et préfère passer ses lubies et lui adoucir le quotidien. Car il a ses principes, par exemple sur la décoration des fast-food : « l'éclairage devrait être chaud et tamisé, le mobilier sombre - de préférence vieil acajou -, les cuivres lustrés ; les sièges capitonnés bordeaux. De la musique douce devait être diffusée pour apaiser le carnivore - pas cette musique d'ascenseur, à vous donner la nausée, interprétée par des musiciens sous Prozac, mais de bons vieux airs, offrant la même dose de sensualité que la nourriture - du rock and roll classique, ou des big-bands, ou encore des chansons country parlant du remords, de la tentation et de braves toutous (p.12) ». Mais il peut être critique : « autrefois, dans les fast-foods, les serveurs étaient des jeunes gens. Mais ces dernières années, trouvant ces emplois indignes, ils avaient laissé la place aux retraités qui cherchaient à arrondir leurs fins de mois (p.13) ».
Une rencontre inhabituelle
Jillian Jackson parcourt les routes dans sa De Ville d'époque, accompagnée de Fred, magnifique plante verte qui lui sert de confident… Après une enfance difficile, elle joue les dures et gagne sa vie comme artiste comique sur les différentes scènes des villes qu'elle traverse : « elle tiendrait sa langue de vipère pourtant d'ordinaire si prompte à cracher son venin […] L'assurance coutumière de Jilly, son sens de la repartie avaient fondu comme neige au soleil […] Son esprit vif et acerbe, ce fier mastodonte des mers, qui bravait tous les tumultes, toutes voiles dehors, s'était soudain transformé en une coquille de noix échouée sur un banc de sable (p.97) ».
Tous trois se font agresser dans leurs chambres du même motel : un individu leur injecte de force une énorme seringue, en précisant bien que c'est une expérience car il ignore lui-même les effets du produit ! En fait, les phénomènes secondaires diffèrent d'un personnage à l'autre, mais tous sont dotés de pouvoirs exceptionnels pour servir le Bien. Ainsi sont-ils irrésistiblement attirés sur des lieux où se produiront diverses catastrophes qu'ils vont tenter d'empêcher ou de minimiser : « quelque chose dans son sang, dans sa moelle, qui lui disait 'En avant, marche !', une voix pressante et impérieuse, logée non pas dans sa tête, mais dans ses gènes ; et s'il refusait de l'écouter, quelque chose de terrible allait se produire (p.118) »…